Perfectionnisme : quand l’échec n’est pas une option

Tu discutes avec quelqu’un pour la première fois. Ou encore, un ami t’apprend qu’il vient tout juste de rencontrer quelqu’un. Quelle question lui poseras-tu? La plupart des gens demanderont : “Qu’est-ce que tu fais (ou qu’est-ce qu’il/elle fait) dans la vie?”. C’est très souvent une des premières questions que nous posons, et la réponse nous donne l’impression de mieux connaître l’autre.

Mais est-ce vraiment le cas?

Il arrive que notre profession, notre sport, notre activité et même notre rôle familial prennent une telle importance dans nos vies que petit à petit, nous nous identifions à eux ; je suis un gestionnaire, un entrepreneur, une athlète, une artiste, une mère de famille, un joueur de basket, un médecin.

Or…

Qui suis-je lorsque je ne suis pas appelée à jouer mon rôle?

Personnellement, j’ai remarqué que lorsque j’hésite à répondre à cette question, ma confiance devient plus fragile face à mes défis professionnels, personnels ou sportifs. Parce que dans ces moments, c’est ma valeur et mon identité que je mets en jeu.

Changer de rôle… et perdre mon identité?

En 2008, j’étais entraîneur de gymnastique à temps plein. Après avoir exercé ce métier durant quinze ans, j’ai peu à peu perdu ma motivation. Après quelques mois difficiles où je ne trouvais même plus l’énergie d’aller au gym, j’ai dû me rendre à l’évidence : je devais faire autre chose. Mon plus grand défi n’a pas été de trouver un nouvel emploi, mais plutôt de découvrir qui j’étais en-dehors du coaching. J’ai réalisé que lorsque je n’étais pas un entraîneur, j’avais l’impression que je n’étais plus personne.

Ce terme me définissait entièrement!

L’humain derrière le coach, le manager, l’artiste, l’athlète

À un certain point de nos vies, nous réalisons que nous avons des habiletés exceptionnelles pour performer dans une activité, un sport ou une profession. En développant ces habiletés, les gens autour de nous en parlent et admirent nos prouesses. Avec le temps, nos accomplissements nous définissent de plus en plus, jusqu’à ce qu’ils deviennent une condition pour exister et être reconnus. Grâce à ces accomplissements, nous devenons quelqu’un d’unique et exceptionnel!

Ce processus nous amène à nous concentrer sur notre savoir-faire.

Et si nous prenions quelques minutes par jour pour développer notre savoir-être, celui qui nous définit en tant qu’ÊTRE HUMAIN, quel que soit notre sport, notre activité ou notre profession?

Valoriser nos qualités humaines

À l’entraînement, à l’école, au travail, nous développons de nombreuses compétences techniques. Nous apprenons à écrire, à compter, à sauter et à courir, à lancer une balle, nous découvrons les mathématiques, les principes de la physique, la littérature… mais qu’en est-il de nos qualités humaines?

Où apprend-on :

  • à oser exprimer ce que l’on veut réellement,
  • à entrer en relation avec de nouvelles personnes,
  • à gérer les conflits avec un coéquipier, un parent, un collègue?

Personnellement, j’ai développé ces habiletés « sur le terrain », quand je n’avais pas d’autre choix que de plonger. Dans ces situations, certaines personnes s’en tirent mieux que d’autres. Je ne faisais pas partie de ceux-là, et j’ai appris à la suite de nombreux essais et erreurs! J’ai été congédiée de mon premier poste de directrice suite à un manque de diplomatie. Au fil du temps, je suis devenue plus sage… et j’ai appris à exprimer mes opinions dans le respect de moi-même et des autres.

Je suis… qui je suis!

Si nous avons tendance à nous valoriser grâce à nos compétences et notre savoir-faire, il peut être utile de prendre conscience de nos qualités humaines. Mais l’inverse est aussi vrai :

Certaines personnes se valorisent par la performance dans une tâche ou une activité – et donc par leurs compétences, alors que d’autres se valorisent par la performance dans une relation – donc par leurs qualités humaines. Les deux perspectives peuvent impacter notre confiance et notre estime de soi ; la clé est de rétablir l’équilibre.

Si, par exemple, toute ma vie on a vanté mon extraordinaire générosité, et que plusieurs personnes comptent sur mon don pour se sentir elles-mêmes confiantes, soutenues et encouragées, alors il est possible que j’aie appris à me définir en fonction de cette qualité.

Mais que se passera-t-il si, un jour, je ressens le besoin de rediriger cette générosité envers moi-même et de me soutenir moi?

Il peut être très difficile de prendre cette décision, car en faisant cela je m’expose à la déception des gens. Ne pas démontrer cette générosité qui est si caractéristique chez moi pourrait m’amener à ressentir que je n’ai plus de valeur aux yeux des autres.

Mais si je ne suis pas mes compétences ni mes qualités humaines…

Qui suis-je donc?

Je suis qui je suis. Je suis celui ou celle que j’ai envie d’être dans l’instant, sans m’attacher à une identité ou une qualité spécifique. Je n’ai pas besoin d’exceller ni dans la tâche ni dans la relation pour m’aimer et m’estimer à ma juste valeur.

Je suis qui je suis, et c’est parfait ainsi.

Se définir pour faire face à l’adversité

Apprendre à être soi est un voyage qui peut être difficile à entreprendre, mais c’est un prérequis pour continuer à ressentir de la joie, de la satisfaction et du bien-être au quotidien. La joie nous quitte lorsque l’on fait passer le résultat avant notre bien-être, lorsque l’on cesse d’être soi-même pour plaire, et lorsque l’on renonce à suivre ce que nous soufflent notre intuition et nos désirs pour écouter ceux des autres.

Développer notre authenticité est une clé qui a le pouvoir de nous permettre de nous réaliser en tant qu’être humain, et de nous faire sortir de la spirale du stress et des pensées négatives dans les moments de grand stress.

M’apprécier telle que je suis me permet de rester calme au beau milieu de la tempête, car je SAIS qu’un échec ne peut affecter qui je suis au plus profond de moi-même.

Lorsque j’apprends à me valoriser en-dehors de mon activité professionnelle, artistique ou sportive, lorsque je me permets d’être complètement authentique malgré ce que les autres pourraient en penser, lorsque je comprends que ma valeur humaine ne sera jamais affectée par ma performance, lorsque j’arrive à percevoir mon activité et mes relations comme des moyens d’expression et non comme une définition de moi-même, c’est alors que j’arrive à révéler mon véritable potentiel et à briller, sans peur ni regrets.

Être soi-même dans un monde qui essaie constamment de faire de nous quelque chose d’autre est la plus grande réussite. – Ralph Waldo Emerson

Bonne réflexion,
Guylaine

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