Gestion du stress : la pensée positive 2.0

C’est le jour J. 
Le jour de la compétition. 
Le jour de l’examen. 
Le jour de l’entrevue. 
Le jour de la négociation. 

C’est le moment de performer. 
De briller. 
Tu sens le stress qui monte. 

Pour te calmer, tu respires et tu te dis… 

“tout est ok, ça va aller” 
“c’est juste un sport” 
“ça va passer” 
“ce n’est pas si important” 
“les erreurs, tout le monde en fait” 
“je sais déjà tout par coeur” 

Mais ça ne fonctionne pas.

Ton cerveau n’y croit pas vraiment.

Pourquoi?

Parce que dans ces moments, on a souvent l’impression de se raconter des histoires. Au final, on veut vraiment réussir, gagner, obtenir cet emploi, avoir une bonne note. On veut performer. C’est important pour nous. On a travaillé des heures – et parfois des années – pour en arriver là!

Mais même si on veut performer, il y a cette petite voix qui s’inquiète, qui doute et qui ne se sent pas tout à fait en contrôle de la situation. Nous tentons alors de la faire taire soit en s’enlevant de la pression – ce n’est pas si important, soit en se mettant la pression – allez, fonce, un peu de courage, fais des efforts.

Dans tous les cas, la petite voix n’ayant pas été écoutée et prise en compte, elle se met alors à parler de plus en plus fort. C’est là qu’on commence à ressentir de la tension. Une tension qui nous limite et nous fait sous-performer.

Cette tension, c’est la réaction de notre petite voix intérieure qui n’a pas pu s’exprimer.

La loi de l’action-réaction

La troisième loi de Newton explique le principe d’action-réaction, qui dit que lorsque j’exerce une force dans une direction, je crée une force de même grandeur dans la direction opposée.

Imaginons une fusée :

En éjectant des gaz vers le bas, le mouvement de la masse de gaz provoque un mouvement opposé de la fusée vers le haut. C’est le principe de l’action-réaction.

Intéressant.

Mais quel est le lien avec la préparation mentale?

Le lien, c’est que l’on peut appliquer cette loi aux pensées!

Lorsque je repousse une pensée, celle-ci réagira en essayant de s’imposer par tous les moyens. En résistant à la pensée, j’exerce une force pour la faire sortir de mon esprit ; ma pensée exerce alors une force dans la direction opposée pour entrer dans mon esprit. Or, si j’accepte que la pensée est là et que je l’accueille sans la critiquer ou la juger, elle repartira après avoir délivré son message.

Je ne veux pas penser cela!

C'est ok, tu peux entrer.

Fermer la porte à une pensée indésirable l’incite à s’imposer ; l’accueillir sans la juger l’incite à s’apaiser.

La magie de l’écoute active

Imaginons que je ressente de la frustration face à une situation dans laquelle une personne est impliquée, et que j’aimerais lui en parler mais je sens qu’elle ne m’écoute pas, ou qu’elle cherche constamment à se justifier ou à me contredire ; mon émotion aura alors tendance à perdurer dans le temps, et pourrait même se transformer en rancune.

Or, si cette même personne adopte une attitude d’ouverture et m’écoute attentivement lui raconter mon ressenti et ce qui a causé ma frustration, même si son point de vue est différent du mien, le simple fait d’avoir été entendue m’apaisera grandement, et je serai plus encline à chercher à comprendre l’intention et la perspective de cette personne.

C’est la loi de l’action-réaction ; au lieu de s’imposer, mon émotion s’est apaisée. Cette règle fonctionne entre les autres et moi…

… et elle fonctionne aussi entre mes pensées et moi.

Face à une situation qui me cause du stress, la clé pour me sentir calme et en confiance est de permettre à mes pensées de s’exprimer.

C’est un travail d’équipe!

En sport et dans les équipes de travail, lorsque l’on cherche à augmenter l’engagement du groupe envers un but ou une cause, une pratique courante est de prévoir des moments de discussion, durant lesquels chacun est appelé à exprimer son opinion sur le sujet.

Que veut-on accomplir?
Qu’est-ce qui est important pour nous?
Cet objectif est-il aligné avec nos valeurs?
Quelles sont les inquiétudes?
Y a-t-il des risques?
Si on échoue, qu’est-ce qui se passera?
Si on réussit, qu’est-ce qui se passera?

Pendant que tous énoncent leur point de vue, le leader est à l’écoute, afin d’encourager les membres de son équipe à communiquer ouvertement leurs craintes et leurs doutes. À ce stade, s’imposer ou argumenter amènerait l’équipe à se refermer comme une huître, ce qui pourrait empêcher le leader d’identifier les vrais défis et des solutions créatives qui profiteraient à tous.

Après que chacun ait énoncé ses idées, il revient au leader de prendre la décision finale. Ce processus permet l’adhésion et fait tomber les résistances, puisque les individus comprennent que malgré le fait que tout le monde ne peut pas toujours obtenir gain de cause, l’avis de chacun a été écouté, entendu et qu’une décision a été prise dans le but de favoriser à la fois le succès et la cohésion du groupe.

Mais quel est le lien entre les décisions d’équipe et mes pensées?

Nos pensées sont des mots prononcés par deux personnages qui se trouvent à l’intérieur de moi :

1) Il y a le personnage de la Peur,
2) et le personnage du Désir.

Mes pensées et moi formons une équipe.

Plus spécifiquement, un trio : la Peur, le Désir et Moi.

Le Trio de la performance

Le leader du trio, c’est moi.

Toutefois, la Peur et le Désir étant des membres de mon équipe, il est important de les impliquer dans le processus si je souhaite dénouer les résistances et performer en confiance.

Pour y arriver, je peux passer par trois étapes :

1) Laisser s’exprimer la Peur;
2) Écouter le discours du Désir;
3) Puis choisir ma propre vérité.

Le problème, c’est que très souvent nous cherchons à faire taire soit la Peur, soit le Désir. Je n’écoute pas la Peur parce qu’elle pourrait me déstabiliser ; ou encore je n’écoute pas le Désir parce que je crois que je ne le mérite pas, ou parce que j’ai très peur de le décevoir.

Aux étapes 1 et 2, je pratique l’écoute active ; me justifier ou argumenter avec la Peur ou le Désir n’est pas utile, puisqu’ils réagiront en parlant plus fort et plus longtemps. Si ma tête ne les écoute pas, je les ressentirai dans mon corps, ou ils se manifesteront sous la forme d’une émotion. Mais dans tous les cas, ils voudront se faire entendre!

Prendre le temps d’écouter la Peur et le Désir nous permet de comprendre ce qui se passe à l’intérieur de soi, et quels sont les vrais enjeux.

Voici un exemple.

En première étape, je laisse la Peur s’exprimer, sans filtre et sans contrainte (clique sur l’image si tu veux l’agrandir) :

Puis, j’écoute ce que veut me dire le Désir. Je n’hésite pas à le questionner, et je l’invite à aller plus loin et plus en profondeur :

Après avoir écouté, entendu, compris et intégré les deux messages, je peux formuler ma propre pensée, choisir ma direction et prendre une décision éclairée. C’est ainsi que je peux arriver à performer en pleine conscience et en pleine confiance!

Ma vérité

Ma vérité, c’est qu’il y a toujours deux faces à une médaille. L’une n’existe pas sans l’autre, elles sont à la fois opposées et complémentaires ; on ne peut reconnaître une face et nier l’autre.

Ces deux faces, c’est le Yin et le Yang, l’ombre et la lumière, la lune et le soleil. L’effort et le lâcher prise. La détermination et l’acceptation. L’action et la réception.

Le Guerrier… et le Zen.

La vérité, c’est que nous voulons réussir et briller. Nous voulons performer et révéler au monde notre potentiel.

Mais la vérité, c’est aussi que la perfection n’existe pas, que la route de la performance sportive, professionnelle et humaine est parsemée d’embûches, de leçons et d’apprentissages, et que lorsqu’on décide d’emprunter cette route tout cela fait partie de l’expérience. 

Suis-je prête à écouter la Peur pour comprendre ce qu’elle cherche à me dire? Suis-je prête à faire face à l’éventualité de la défaite? Suis-je prête à assumer le Désir et à acquérir la conviction que j’ai le droit de l’obtenir et de le réclamer?

Si ma réponse est non, une tension se crée à l’intérieur de moi. L’ombre et la lumière, qui doivent apprendre à travailler ensemble, décident alors de se séparer, de combattre et de s’opposer. C’est ainsi que le stress, l’anxiété et la frustration entrent en scène.

Il est très difficile de tout donner, d’aller au bout de soi-même et d’offrir notre meilleure performance quand l’échec n’est pas une option ou lorsque nous ne nous donnons pas le droit de vouloir et mériter quelque chose.

Les plus grands athlètes prennent des risques et accomplissent des performances extraordinaires à la fois parce qu’ils veulent plus que tout réussir, et parce qu’ils acceptent l’éventualité de la défaite, sachant que, quel que soit le résultat, leur valeur et leur compétence n’est pas en jeu.

Le secret, c’est de cultiver l’équilibre ; c’est d’accepter que l’ombre et la lumière ne font qu’un, et qu’il faut parfois traverser un tunnel pour revenir au soleil.

Bonne réflexion,

2 thoughts on “Gestion du stress : la pensée positive 2.0

  1. merci beaucoup Guylaine,
    tu exprimes si justement et simplement les choses! cela raisonne vraiment moi car je me fixe de petits voire moins petits challenges régilièrement. Mon coach avait tout à fait cette posture pour me faire cheminer . ce n’est pas toujours évident quand on est fatigué ou autre aléas de la vie qui se présente…
    j’essayerai d’être présente jeudi mais rien n’est sur entre le travail et les activités des enfants. j’espère, vu que je suis inscrite, pouvoir au pire, visionner en replay.
    merci pour tous tes partages.

    Sabine

    1. Merci beaucoup Sabine! ✨ Pour ton commentaire et aussi pour tes réflexions. Il est vrai que dans les moments de fatigue il n’est pas facile de se rappeler d’être bienveillant envers soi et à l’écoute. Avec la pratique vient l’expérience, un pas à la fois. Au plaisir de te voir en direct jeudi, sinon tu pourras tout à fait visionner en rediffusion. À bientôt!

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