Bonjour à toi,
Alors que je m’installe avec mon thé, mon ordinateur et, en tête, l’ébauche d’une nouvelle lettre, je jette un coup d’oeil à l’horloge. 3h32. Le silence est profond, la ville endormie et, le temps que mon écran s’allume, je me décide à débuter avec un mot : empathie.
J’ai longtemps cru que je manquais d’empathie. Que quelque chose n’allait pas chez moi. J’aurais tant voulu être comme ces gens toujours prêts à rendre service! Ceux qui cuisinaient pour d’autres, savaient réconforter et répondaient présent à toute heure de la journée. Mais j’aimais ma solitude. J’en avais besoin, en fait.
Était-ce mal?
Pour le savoir, il aurait fallu que j’arrive à comprendre ce qu’était l’empathie. Une cousine de la sympathie? De la compassion? Dans ma tête, les mots se mélangeaient en même temps qu’ils ébranlaient mon estime. Bien sûr, je savais que j’avais d’autres qualités. J’étais dévouée. Dévouée à mon travail, à mes athlètes, à mes coachés. Mais sur le plan personnel, j’avais beau essayer, le blocage persistait.
— Blocage ou besoin?
— Je l’ai dit, j’aime ma solitude.
— Pourquoi ne pas respecter cela?
— Et passer pour une égoïste?
— Un besoin existe pour une raison.
— Une raison qui m’échappe, comme tu peux le voir. Ne pourrais-tu pas m’éclairer? Juste cette fois…
— Et te priver de la leçon? L’expérience—
— Élève la conscience, je sais.
Ma petite voix s’obstinant à me laisser dans le noir, le blocage a perduré au fil des ans, jusqu’à ce que, quelques mois plus tôt, mon partenaire me raconte une anecdote.
Le contexte : employé depuis vingt ans dans la même entreprise, mon partenaire en sait plus que la plupart des gens sur son fonctionnement. Et comme il fait partie de ceux qui aident sans condition, il n’est pas rare qu’il se retrouve à courir à gauche et à droite, à exécuter des tâches qui ne sont pas les siennes pour rendre service à ses collègues. Un schéma qui peut vite devenir épuisant, ce que mon partenaire a réalisé récemment. Dorénavant, m’a-t-il annoncé un matin, il ferait un effort. Fini les influences extérieures, il se concentrerait sur ses projets.
L’Univers ayant sa manière bien à lui de tester nos intentions, dès le lendemain une collègue avait abordé mon partenaire pour solliciter son aide. Fidèle à sa résolution, ce dernier avait répondu que la tâche n’était pas dans ses attributions, puis avait gentiment redirigé sa collègue vers la personne qui pourrait l’aider.
Bingo ! Première étape franchie.
Sauf que la collègue était restée, et lui avait continué à discuter avec elle. Le temps avait filé, la pression avait monté, le regard de la collègue s’était fait insistant, et au bout d’un moment, mon partenaire avait flanché.
« Tu sais quoi? Je vais m’en occuper. »
Le lendemain alors qu’il me racontait l’histoire, il n’en revenait toujours pas d’avoir cédé. Qu’est-ce qui s’était passé? Sa collègue n’avait rien dit, pourtant. À moins que… Au moment de la rediriger, il avait vu son expression changer.
(Mon partenaire s’étant tu, ma petite voix en avait profité pour s’immiscer.)
— La conversation derrière la conversation.
— …
— C’est ce que ton partenaire a perçu.
— Le sous-entendu?
— Sous, derrière, c’est toi qui vois.
La collègue de mon partenaire n’avait peut-être pas insisté verbalement, mais le résultat était le même. Tout le monde savait, à son travail, que mon partenaire était la personne à qui s’adresser si on avait un service à demander. La collègue s’était donc permis d’insister. Physiquement. Et mon partenaire l’avait senti. Une sorte de tension, de pression… de conversation derrière la conversation.
— Le corps est intelligent. Empathique.
— Justement… Parlons-en, de l’empathie. Tu peux me la définir?
Étrange à dire, mais à ce moment j’ai vu ma petite voix sourire.
— Si tu savais comme tu te compliques la vie. C’est simple, l’empathie.
— Pas si ça nous est étranger.
— C’est plus près de toi que tu ne le crois.
— J’ai du mal avec la générosité.
— L’empathie est liée au ressenti. Au ressenti des autres. De leurs émotions, leurs sensations, leur volonté même. Rien à voir avec l’action. Ou la générosité, si cela peut te rassurer.
Alors que je regardais mon partenaire partir à vélo, prêt à entamer sa journée de travail, un éclair de lucidité m’avait traversée. Mon problème n’était pas le manque d’empathie. Mon problème, c’était la maîtrise. Depuis l’enfance que je ressentais les gens. Leur stress, leurs tensions, leurs pensées. Je captais les demandes avant même qu’elles soient prononcées.
Ma solitude?
Un besoin de me réguler. De me détacher, de me recharger, de cesser de me faire influencer. Je n’étais pas une victime, je n’avais simplement jamais compris. Comme mon partenaire, je n’avais pas réalisé qu’une conversation existait derrière la conversation. Tout ce que je savais, était que je me fatiguais rapidement. Alors je me protégeais. Peu consciente, à ce moment, que j’avais le choix de ressentir ou pas. (Ce qui change petit à petit, depuis quelques mois.)
Qu’en est-il pour toi? Es-tu empathique toi aussi?
Si tu hésites, je te le dis tout de suite : la réponse est oui. Les niveaux varient, la maîtrise aussi, mais nous avons tous, à un degré ou un autre, la capacité de sentir les autres. Sachant cela, la question devient : as-tu tendance, comme c’était mon cas, à subir des ressentis, ou les utilises-tu pour choisir et t’orienter?
L’empathie étant une forme d’intuition, une sorte de boussole pour naviguer nos relations, apprendre à s’en servir est nécessaire pour s’épanouir. Et si le sujet t’intéresse, je t’invite à te procurer le troisième ebook (gratuit) de ma série Soi Lucide, maintenant disponible sur mon site :
Reconnaître et interpréter l’intuition
En espérant que le contenu alimentera tes réflexions, et fera germer l’inspiration 🌱
Guylaine

