Bonjour à toi,
La nouvelle année est déjà bien installée, et avec elle un renouveau sur le plan des habitudes. Dans mon cas, du moins. Rassure-toi, je n’ai pas l’intention de lancer une discussion sur les résolutions, mais comme chaque mois, je propose de partager une graine de sagesse qui, peut-être, fera germer quelque chose chez toi. Une réflexion, une intuition… cette lettre se veut-elle une forme de méditation? Peut-être.
Rien n’arrive pour rien, disais-je dans ma jeunesse quand survenait un pépin. Pour moi, le hasard n’existait pas, et la vie trouvait toujours le moyen de nous enseigner à travers nos difficultés.
Mais y croyais-je réellement?
Fait étrange, j’y croyais quand le malheur me frappait ; le reste du temps, j’avais tendance à vivre avec un stress permanent, inquiète de ce que le futur me réservait. Au final, j’étais plus nerveuse avant que le problème ne surgisse, qu’au moment où j’avais les deux pieds dedans.
Mes finances, par exemple.
D’une nature aventurière, j’ai longtemps roulé ma bosse, souvent sur un coup de tête ; après la côte ouest est venue l’Afrique, puis un road trip jusqu’à la cité des Anges, suivi d’un an de coaching à Vancouver, pour finalement plier bagage, reprendre la voiture et atterrir à Montréal. Entre-temps, il y a eu les compétitions en Floride, au Texas, au Mexique, les championnats en Italie et, question d’enjoliver mon hiver, un tournoi de plaisance à Hawaii.
Bref, un voyage n’attendait pas l’autre…
… et mon salaire d’entraîneur sportif était loin de couvrir tous mes frais.
Ma propension à jouer au yoyo me permettant difficilement d’établir un budget, j’alternais donc entre les coups de tête et les problèmes financiers.
D’où l’anxiété, tu l’as compris.
J’avais toujours peur de manquer d’argent, mais j’étais incapable de rester en place. Y avait-il un moyen de réconcilier les deux?
Déterminée à trouver, j’ai négocié pour augmenter mon salaire, puis j’ai quitté le coaching pour trouver un emploi plus payant. Emploi qui s’est transformé en entrepreneuriat, la liberté étant aussi importante pour moi que les voyages.
Or, au bout d’un certain temps, ma situation financière avait beau s’améliorer, l’argent continuait à m’échapper, et l’anxiété ne me lâchait pas. Lorsque, un peu étourdie, je me suis aperçue que quoi que je fasse, mon bonheur semblait être hors de ma portée, j’ai commencé à me questionner. Qu’est-ce qui manquait?
— Si tu veux la réponse, il faut poser la bonne question.
— Je veux être heureuse. Est-ce trop demander?
— Tu ne l’es pas? Heureuse.
— L’argent me file entre les doigts.
— Tu as un toit, non? Et à manger, et tout ce qu’il te faut.
N’ayant rien à répondre à ma petite voix, je suis retournée à mes affaires, mais mon esprit dut continuer à tourner en arrière-plan car la lumière ne fut pas longue à trouver son chemin. Certes, l’argent fuyait mon compte en banque, mais je réalisai que pendant toutes ces années, chaque fois qu’un problème s’était présenté, j’avais été sauvée au dernier moment :
🌱 Par un héritage qui, comme par hasard, était exactement du même montant que celui de ma dette du moment.
🌱 Par l’arrivée d’un contrat qui, en plus de tomber du ciel, couvrait précisément le montant d’une facture qu’il m’aurait été impossible de payer autrement.
🌱 Par mon compte en banque, que j’avais dû vider pour payer mes impôts. (OK, le compte était vide après la transaction. Mais l’argent y était, non?)
Autant de preuves que le hasard n’existait pas, et que… rien n’arrive pour rien.
Mon but n’étant pas de continuer à tester l’Univers, j’ai recommencé à me questionner. Il devait y avoir une manière plus appropriée de fonctionner, pensai-je. Ne pourrais-je pas recevoir l’argent un peu plus tôt, question de calmer mes angoisses? (En économisant, me diras-tu. Or, bien que j’y arrivais pendant un temps, le tout disparaissait avec l’arrivée d’un nouveau projet.)
— L’Univers ne peut pas t’aider si tu ne lui dis pas ce qu’il te faut.
— Il l’a pourtant déjà fait. À la dernière minute, mais tout de même.
— Parce que tu avais changé.
— Changé?
— Ton état d’esprit.
C’est là que j’ai compris : n’ai-je pas mentionné que j’étais plus nerveuse avant l’arrivée du problème que pendant? En effet, passé un certain point, dans mon esprit quelque chose se transformait. J’étais tellement dans le pétrin que je n’avais plus le choix : je lâchais prise et j’acceptais la situation telle qu’elle était. Et j’espérais.
— Ce n’est pas tout.
— Quoi d’autre?
— Tu ne faisais pas qu’espérer.
— Je lâchais prise, aussi.
— Non, c’est plus que cela.
À nouveau, ma petite voix avait vu juste ; mon ressenti n’était pas le seul impliqué dans cette histoire. Chaque fois que j’avais été sauvée, à ce stade je savais précisément ce qu’était mon besoin. Le montant de la dette, de la facture, du relevé de carte de crédit… mon budget n’était pas toujours sur papier, mais dans ma tête les chiffres m’apparaissaient aussi clairement que si je les avais notés.
Hum. Une découverte intéressante, mais qui ne réglait pas mon problème : qu’est-ce qui m’empêchait de planifier à l’avance?
Et là, j’ai compris ce qui bloquait avec l’idée du budget : mon revenu couvrant tout juste mes frais quotidiens, je ne voyais pas l’intérêt de faire un budget. La situation parfaite pour me décourager, me disais-je en pensant à tous les voyages que je ne pouvais pas me payer.
— Pourquoi ne pas le voir autrement?
— Autrement comment?
— Ton document, ce n’est peut-être pas un budget.
— Mouais… ce serait quoi, sinon?
— Vois-le comme une commande.
— Pour cela, il faudrait que je puisse l’envoyer à quelqu’un.
— À moi, tiens. Que crois-tu que je fasse toute la journée, si ce n’est pas t’écouter?
En effet, pensai-je. Ce n’était pas parce que je ne savais pas comment j’allais trouver cet argent que je ne pouvais pas noter un montant. Ainsi, les besoins seraient clarifiés, et l’Univers aurait plus de temps pour s’en occuper. Ne serait-ce pas honorable de ma part, que de l’aviser un peu plus à l’avance?
Il y a maintenant deux ans que je m’y suis mise, et bien que mes revenus soient plus que modestes, en ce début d’année je m’aperçois que quelque chose a changé : l’habitude d’envoyer ma commande s’est ancrée. Et ô surprise, durant ces deux années il ne s’est pas passé un mois sans que j’arrive à payer, ou que je reçoive sous une forme ou une autre ce que j’ai demandé. (Mes envies d’aventure s’étant aussi quelque peu peu calmées, une hypothèse a commencé à germer : celles-ci n’étaient-elles, pour moi, qu’une distraction pour me faire oublier l’angoisse et mes problèmes financiers? À suivre…)
Qu’en est-il de ton côté?
T’arrive-t-il, comme moi, de te sentir stressé(e) à force de te demander ce que l’avenir te réserve? Que ce soit sur le plan financier ou autre, si la réponse est oui, je t’invite à noter ta commande, puis à faire de ton mieux quant à la partie que tu peux contrôler. Et lorsque ça sera fait… pourquoi ne pas laisser l’Univers s’occuper du reste?
Bonne réflexion,
Guylaine

