Bonjour à toi,
À la veille du solstice d’hiver, pour la dernière fois de l’année je t’invite en balade. Une balade dans le temps, cette fois, car ce que je m’apprête à te raconter s’est passé il y a déjà quelques semaines.
Premier jour de décembre, alors que je sentais la fin d’année arriver, j’ai fait une pause, mis mes bottes et filé vers la patinoire en face de chez moi. Une patinoire en forme de huit, que j’ai parcourue en faisant la revue des derniers mois.
Ce qui ne s’avéra pas bien compliqué, en fin de compte. Avais-je fait autre chose qu’écrire cette année? (À ce point, j’avais beau réfléchir, quelque chose bloquait. Je ne voyais rien d’autre que des mots qui flottaient un peu partout sur mon écran.)
— Tu as fait bien plus que cela.
— Ah bon?
— Méditer, entre autres. Philosopher, imaginer.
— Rien d’excitant, diraient certains.
— Ça m’a plu. Toi et moi on n’a jamais autant discuté.
Ma petite voix n’avait pas tort. Ces derniers mois, nos échanges m’avaient fait voyager. En pensée, certes, mais cela ne m’avait pas empêché d’explorer. Des manières de faire, de nouvelles façons de penser.
Cela comptait, non?
Alors que je ramenais mon attention sur la glace, le temps de laisser passer un patineur (un vrai, avec des patins), j’eus envie de remettre les pieds sur Terre. OK, j’avais voyagé. Mais allais-je, un jour, pas si loin j’espère, arriver quelque part?
Mon partenaire y croyait, lui. Quand, la veille, je lui avais fait part de mes angoisses, il avait paru surpris. Je devais me faire confiance, avait-il répondu. Mon livre serait publié, et j’en écrirais d’autres après.
Me faire confiance, me répétai-je en laissant mes semelles glisser. (Les patineurs n’avaient qu’à me contourner s’ils voulaient passer.) Était-ce le problème? Pas ma confiance à moi, en tout cas. Je savais que je pouvais y arriver. Alors quoi? Encore une fois, quelque chose bloquait.
— La confiance est en trois.
— Trois… trois quoi?
— Le possible, le faisable et le croyable.
— Pas besoin d’inventer des mots, tu sais.
— Pas besoin de juger non plus.
Ma petite voix refusant de s’expliquer, je dus faire trois huit pour comprendre. Comprendre que dans ce cas-ci, il y avait trois formes de confiance, et que la troisième était celle qui me manquait.
Un, j’avais confiance que publier un livre était possible. Deux, j’avais confiance qu’écrire était faisable—donc que j’avais les capacités requises. Et trois… (Le voilà, le blocage.)
Trois, le croyable. Y croyais-je?
Alors que le faisable se rapportait à mes aptitudes, je réalisai que le croyable touchait aux incontrôlables. D’où mon hésitation. Publier mon roman n’était pas complètement sous mon contrôle, dans le cas où j’allais avec une maison d’édition. J’avais beau me faire confiance, je n’étais pas responsable des décisions des autres. Dans le processus, j’aurais besoin d’un peu de chance, d’heureuses coïncidences… et disons-le, de foi.
Bref, il me fallait croire que les astres allaient s’aligner pour moi. Et que j’avais suffisamment appris à écouter ma petite voix pour faire les bons choix.
Était-ce le cas?
Je ne sais pas ce qui se passa en moi, en ce premier décembre, mais alors que je quittais la patinoire, je décidai d’y croire. Et parce qu’il n’y a rien comme les actes pour prouver la foi, en rentrant chez moi j’ai mis de côté le roman (un moment seulement) pour faire ce que m’avait soufflé ma petite voix : remettre les pieds sur Terre. Une semaine plus tard, j’avais un site web finalisé et mis en ligne—un projet qui s’étirait depuis janvier.
Et maintenant? me suis-je demandé.
— Maintenant tu remercies les gens.
— Comment?
— Tu as imaginé toute l’année, ce n’est pas le moment d’arrêter.
Cette fois, je n’ai pas eu besoin de la patinoire pour trouver : en moins de deux semaines, le cadeau était prêt, emballé et mis à disposition sur mon site. Un cadeau à mon image et qui, je l’espère, te reflétera aussi la tienne.
(Un miroir? Hum. Presque.)
Au risque de gâcher la surprise, permets-moi de te donner un aperçu : sur mon site, tu trouveras un recueil intitulé Histoires de guerrier zen contenant trois récits ou « histoires miroirs », conçu pour t’aider à te reconnecter au présent, à ta petite voix et à ta sagesse à toi.
Ce recueil, je te l’offre en signe de gratitude. Car sans toi, je ne serais pas assise aujourd’hui à écrire ma dernière lettre de l’année. Je n’aurais pas persévéré pendant tous ces mois à faire l’ermite et méditer, s’il n’y avait eu les retours des lecteurs pour m’encourager.
Donc si, en ce mois de décembre, tu cherches à te poser, à faire une pause et méditer, tu trouveras ton cadeau ici :
Mini-livre gratuit – Histoires de guerrier zen
Je termine cette lettre en te souhaitant une merveilleuse fin d’année, remplie de sérénité et d’harmonie. Que 2026 t’apporte joie, prospérité et bonheur, et des surprises qui surpasseront tout ce que tu as osé souhaiter. Car, pourrait-on se rappeler, il suffit parfois de croire pour voir les graines germer 🌱
À l’an prochain!
Guylaine

