Bonjour à toi,
Il est quatre heures du matin à Montréal, et je m’installe derrière l’écran pour un second épisode de Graine de sagesse—le nom que j’ai donné à cette lettre.
Loin de moi l’idée de me considérer sage, mais alors que j’écrivais hier, une phrase m’a traversé l’esprit : un sage n’est sage que dans les domaines où on ne l’est pas… et puisque chacun d’entre nous vit une expérience unique, il peut être utile d’en faire bénéficier les autres. Telle est donc mon intention ici, en espérant que cette lecture alimentera ta réflexion.
Le mois dernier, j’écrivais ma première lettre en un peu plus d’un an. Ce que je n’ai pas mentionné alors, est que cette lettre m’est venue d’un coup au réveil. J’étais encore dans mon lit quand j’ai attrapé mon téléphone pour noter en vitesse. Douche, méditation, et hop j’étais sur l’ordinateur. À peine trente minutes plus tard, tout était écrit, corrigé, révisé. Je ne suis même pas sûre que mon cerveau ait eu l’occasion de penser.
Mais ce lundi, quand j’ai vu dans mon calendrier qu’il était temps d’écrire la lettre de mai, les doutes se sont pointés… et si l’inspiration ne venait pas? Même si je n’avais pas envie de forcer les choses, je savais que tout n’était pas toujours livré sans effort.
Soudainement, j’ai réalisé que les derniers mois passés à faire l’ermite avaient perturbé mon équilibre… de proactive, j’étais devenue perceptive. Réceptive, sensitive, contemplative, appelons-le comme on veut, le résultat est le même : j’étais allée si loin dans les profondeurs de ma caverne, que j’avais du mal à trouver la sortie.
De guerrière, j’étais presque devenue trop zen.
Il faut dire que par le passé, ma nature proactive ne m’a pas fait que des cadeaux. Des décisions impulsives, j’en ai prises. Je ne compte plus les fois où j’ai agi pour « sauver le monde », rétablir la justice, ou m’engager envers ce que je croyais être ma mission. Ignorer mes émotions ou les signaux de mon corps était presque devenu facile, tant j’étais convaincue d’agir pour les bien des autres et le mien. Du moment que j’apportais ma contribution au monde, tout était parfait, non? Le plaisir et mon bien-être viendraient après.
Ce que je n’avais pas compris, était qu’un guerrier qui brûle la chandelle par les deux bouts sera forcé de passer du côté du zen, avant de devenir un guerrier zen.
Mais toutes ces réflexions n’apportaient toujours pas de réponse à ma question : quoi faire avec ma lettre? Attendre qu’elle se compose toute seule, ou prendre le taureau par les cornes et risquer le texte—bien ordonné, certes, mais—un peu plat?
Ce jour-là, j’ai dû attendre ma course du midi pour obtenir une réponse. Une réponse qui m’a semblé tellement simple, que je l’ai contemplée un moment avant de la noter.
Cette réponse, la voici : pour bâtir, et surtout pour le faire de manière authentique, le guerrier a besoin de ralentir, et le zen a besoin d’agir.
Oui oui, c’est aussi simple que cela.
Ce que ça veut dire pour moi?
En mode guerrier, je dois apprendre à (m’)écouter. À voir la patience comme une alliée, et à bâtir sur la durée, car l’intuition a besoin d’espace pour s’exprimer. Une intention peut se manifester sous différentes formes, et être à l’écoute me permet d’être flexible et de m’adapter.
En mode zen, je dois faire un pas. Lorsque ma nature réceptive, perceptive et sensitive l’emporte sur le guerrier, j’ai tellement l’habitude d’écouter, que l’univers commence à se demander ce que je veux. Alors il me faut l’affirmer. En d’autres mots, annoncer mon intention par l’action.
C’est ainsi qu’au beau milieu de ma course du midi, je me suis arrêtée pour noter la première chose qui m’est venue à l’esprit : proactive vs. perceptive. Au même moment, j’ai reçu une notification d’une amie intitulée le chemin de moindre résistance. J’ai pris ça comme un signe, et j’ai continué à courir. Une course qui a tourné en entraînement intermittent, car dans les minutes qui ont suivi, les idées me sont tombées dessus par à-coup. Une demi-heure plus tard, tout était là, dans mon téléphone.
Tada!
Un pas, et l’univers a fait le reste.
Incroyable, n’est-ce pas? En fait, peut-être pas si incroyable que cela, car je soupçonne que cela a dû t’arriver plus d’une fois. Mais si tu as lu jusqu’ici, j’en déduis que mon récit a piqué ta curiosité… et si c’est le cas, en ce mois de mai je t’invite à explorer la part de guerrier et de zen qui se joue en toi, et l’espace que tu laisses à ton intuition pour qu’elle bâtisse avec toi 🌱
Bonne réflexion,
Guylaine

